J'écoute : come
Je regarde : l'heure qui ne veut pas passer
Je lis : des expertises... super
Je joue : à me donner une contenance
Je mange : pas faimmmmmmmmmmmmm
Je cite : après la pluie....le blizar

25/08/2004

25/08/04 - 19:14

Léo Léo

Enfin, tu as jeté un ptit coup d’œil à mon blog, mais hélas ton seul commentaire est que je parle trop de toi. Mais de quoi d’autre veux-tu que je parle ? c’est peut-être que je désire me faire connaître à travers toi ? Toi que je désire pour épitaphe ?
On ne parle généralement que de ce qui est inachevé, moi je désire parler de plénitude. Et je ne connais rien de plus accompli dans ma vie que nous. J’ai appris enfin que seul ce qui est simple peut être absolu. Et c’est cette facilité que je veux crier sur les toits. Qu’importe d’avoir l’air si médiocre, si dérisoire. Je sais que toi tu sauras le lire, le comprendre et surtout excuser en cela ma trop grande veulerie qui m’empêche souvent de te le dire de vive voix.
Je te réserve cette expression trop fragilisante (car elle me met à la limite d’un gouffre) à lorsque j’aurais le poids des années, des rides, des souvenirs, ….lorsque j’aurais pris la force que tu auras partagé avec moi.

Honnêtement de quoi pourrais-je parler d’autre ?
De mes pensées sur le monde? Ceci intéresse qui ? pas même moi.
De mes passions ? Ceci conduirais à me dévoiler trop, et je n’ai jamais su me dénuder .
De ma vie ? elle est à l’image du Chaos originel nul ne sait ce qui en découlera à l’avance.
De ma famille ? y a-t-il seulement matière pour cela ?
Parler, à la Brassens dans les Trompettes de la renommée, de mes expériences ? Oui peut être mais ceci donnera l’air de mémoire d’un salaud ou d’un commentateur des œuvres de Cujas. Alors mieux vaut s’en abstenir, je préfère donc laisser tout cela dans un vieux vestiaire.

On verra bien ce qui m’inspirera maintenant?
Et pour toutes les personnes qui passent par là, pour tous les amis qui on assez de bonté pour pardonner mon imperfection je voudrais juste emprunter ces quelques répliques :
« Mes charmes sont anéantis ;

J’ai délié, j’ai rétabli…

La parole qui tranche s’expie.

Ne me confine pas ici,
Sur la scène désertée,
Dans une île sans vertu-
Ou il me faut désespérer.
Aurai-je atteint ici mon but ?
Réellement vous ai-je trouvés-
Où se dissipe la magie…
La dictée froide de l’esprit…
Ensemble, enfin, désenchantés ?
Toute ma force est en vous ;
Il me faut, pour tendre ma toile,
Moi qui dès à présent m’en vais,
Vos mains mêmes, vos mains amies…

Si nous sommes innocentés ;

Mais vous aussi serez déliés-
Comme y invite l’accalmie
En m’accordant ici congé »

25/08/04 - 19:13

Souvenez-vous d’eux !


Etendu sur mon lit, qui est trop grand pour une seule personne, j’ai l’âme nostalgique (pimpon, c’est symptomatique du retour de la mélancolie qui suit souvent les parties de poker). Hier on a tenté de nous souvenir de ce monde qui a été le notre à un moment de notre vie. Beaucoup de ceux qui y vivaient me sont devenu des étrangers, d’ailleurs je ne me souviens pas d’un grand nombre d’entre eux. Et c’est triste de se dire que les gens peuvent tout simplement PARTIR.
C’est pour cela que je voulais avoir juste une pensée pour toutes ces personnes qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.
FIGURES
Je bats comme des cartes
Malgré moi des visages,
Et, tous, ils me sont chers.
Parfois l’un tombe à terre
Et j’ai beau le chercher
La carte à disparu
Je ne sais rien de plus.
C’était un beau visage
Pourtant, que j’aimais bien.
Je bats les autres cartes.
L’inquiet de ma chambre,
Je veux dire mon cœur,
Continue à brûler
Mais non pour cette carte,
Qu’une autre a remplacée :
C’est un nouveau visage,
Le jeu reste complet
Mais toujours mutilé,
C’est tout ce que je sais,
Nul n’en sait davantage.
(Supervielle J., les Amis inconnus

25/08/04 - 16:32

Une expérience enrichissante.


Nous avons tous dans notre vie des expériences, des blessures qui gagnent avec le temps de la valeur. Il en est une qui m’a comme métamorphosé
J’ai eu, depuis toujours, ce que nous pouvons nommer des problèmes ontologiques. Dans cette recherche de mon être, j’ai souvent perdu de vue le monde qui m’entourait. Je crois que c’est ce qui a, à jamais peut être, creusé un fossé entre moi et mes parents (fossé que ma sexualité ne fera qu’agrandir par la suite). Ayant peur d’avoir un fils autiste ou de je ne sais quoi, mon père m’a placé dans un centre pour enfants souffrants de troubles nerveux. Quitter le foyer familial, a été pour moi un vrai remède. Ce lieu peuplé de …dégénérescents (terme qui n’a rien de péjoratif) m’a ouvert les yeux sur l’existence même. Le psychiatre chargé du centre avait une telle vision positive de la vésanie, du trouble mental que j’en suis resté marqué.
Résumer une pensée qui n’est pas notre est toujours dure alors on excusera ma gaucherie. Selon lui tous ces troubles (qu’il appelait malaises) étaient le seul moyen que certaines personnalités avaient trouvé pour échapper à la dislocation.
Et à partir de ce jour j’ai voulu fouiller l’esprit humain, j’ai voulu le dévoiler,…. J’aurais en effet pu devenir psychiatre mais cela demander des études de médecine et l’idée de faire plaisir à mon père m’aurait rendu malade. Alors j’ai choisi, la psychanalyse.
Mais pas la psy de Tonton Freud, ce libidineux inassouvi, non c’aurait été trop cuistre comme démarche. C’est la psy de Lacan, de Szasz, d’Erikson,… de toutes ces théories qui mettent au centre du monde l’homme (comme Etre) et au coeur de l’homme le langage.

Il suffit d’avoir un jour assisté à une bouffée délirante pour comprendre que les mots existent par delà leur sens par delà leur signifiance reconnue. Cet être qui parle ne communique pas seulement, il affirme son existence.
C’est pour cela qu’il est triste de vivre dans cette époque, où dans une gare des êtres se côtoient sans se parler, où des gens assis les uns face aux autres ne tentent même pas de tisser ce lien.
Si seulement vous saviez ce que cela coûte de ne pas pouvoir se dire, si seulement vous aviez vu un autisme embué dans son monde ; vous auriez sûrement moins de scrupules à parler à cet autre qui fait votre essence.

Moi hélas, j’ai la manie je parler au gars (qui peut être aussi une dame)d’à côté, je hais attendre dans un silence pseudo respectueux de la paix des autres, j’ai une dent contre cette fuite dans une conversation téléphonique alors que l’on pourrait juste dire bonjour à la personne à côté. Cette manie m’a fait l’honneur de OUF bien sonnant, de Mais que cherchez-vous ?, de Vous n’avez rien de mieux à faire ?, et de……..

Alors pitié, si vous voyez quelqu’un tenter de vous parler descendez de vos chevaux, de vos nuages, de vos ce que vous voulez, s’il n’est pas méridional c’est juste que pour lui cette conversation est vitale.

22/08/2004

22/08/04 - 16:22

La quinzaine endiablée


Taraaaaaaa ; j’annonce solennellement l’ouverture de la huitième quinzaine Gigi/Pascal.
Voilà un rendez-vous annuel que je n’ai jamais raté (avec le festival des chants sacrés, mais tout ceci est une autre paire de manche). Durant 15 jours nos journées se résumeront à :
- Tournées des bars (alors que je ne bois pas, mais le spectacle à lui seul vaut le détour)
- Foot (à propos, je cherche à comprendre pourquoi, dans le milieu, la moyenne des amateurs de foot est aussi basse ?)
- Discussions Houleuses qui finissent parfois en de vrais combats (et c’est moi qui ai toujours le dessus. A beau mentir celui qui vient de loin et NA !)
- Blagues douteuses (et c’est d’ailleurs l’une des rares occasions où je mets de côté ma timidité, et où je me permets de me laisser aller totalement)
- Parties de poker avec les pires tricheurs (combien d’histoires se cachent derrière cela ;-P). Cette année néanmoins un joueur manque depuis le départ de l’amoureux de Michaux (et oui on a tous des surnoms un peu cons), alors si vous trichez habilement, si vous n’ave pas peur d’avoir un sobriquet et surtout si cela vous intéresse vous êtes les bienvenus

Et oui ! pour le programme, Messieurs, c’est que du premier choix.

Mais le cœur n’y est pas totalement. J’aimerai que Léo se joigne à nous. On tentera comme même de faire une expédition pour le kidnapper et pour le traîner de force avec nous le 1er pour le concert de Madonna (je ne suis pas fan, mais il faut l’avouer que ses concerts sont généralement supers, et puis surtout cela lui changera les idées)
Pascalino est mon plus ancien ami, je le connais, non je le supporte depuis le collège sans jamais nous être perdu de vue. Il a été aussi, comment dire, mon initiateur. Bien qu’il est toujours était hétéro. Et oui selon ses dires il s’est sacrifié pour que je sache si j’étais gay ou pas (merci pour l’idée que coucher avec moi est un sacrifice :-( ).

18/08/2004

18/08/04 - 18:12

Dure dure la semaine (suite)



Dimanche passa merveilleusement bien. Toute une journée pour rêver à ce que sera notre vie.
A une heure du matin, alors que nous étions en train de refaire le monde, le père de Léo téléphone. Sa mère atteinte depuis 4 ans d’un cancer a été hospitalisée en urgence. Quelle sale maladie, son traitement est un poison et la rémission n’est jamais certaine(pour preuve il suffit de décrire tout ce par quoi elle est passée en 3 ans : cancers du sein, des ovaires, de l’utérus, aplasie, arrêt d’un rein, et maintenant une occlusion intestinale).
Il faut aller en urgence à Versailles. Mais Léo est comme absent, terrassé par tout cela. Assis au bord du lit, le visage entre les mains, il ne réagit pas. On se sent toujours maladroit dans ce type de situation, tout réconfort est vain. Je crois que parfois le temps s’arrête comme pour nous donner le temps de goûter notre douleur, il en été ainsi. Rien ne semblait marquer le passage du temps sauf parfois le hoquet d’un Léo noyé dans ses larmes. Je l’entends encore murmurer « Pourquoi Mon Dieu m’a tu trahi ?». Cette phrase venant de Léo est surprenante, lui le champion de la divine volonté
Comment faire pour atténuer la douleur de ceux que l’on aime ? la partager ne suffit pas, ne me contente pas.
Léo s’agrippe à moi, Mais dans quel abyme crains-tu de tomber ? Mais est-ce que je peux vraiment l’aider, le retenir, le soutenir,…

On finit par réveiller Loïc, qui viendra nous chercher. Je n’ai plus de souvenir du parcours que l’on a suivi, seul le trouble de Léo m’a marqué.

Je suis resté une semaine seulement à ses côtés. Il est dans le cirage à cause des sédatifs qu’il prend. Et puis flûte ! pour toute cette m… qui le met dans un sale état. Ses nuits étaient marquées par des insomnies et ses journées par la somnolence.
Je n’ai jamais eu de vocation d’infirmier, mais je me serais inventé des dispositions pas possible juste pour alléger sa douleur. J’ai toujours amoindri inconsciemment tout au moins mon apport dans notre couple. Mais là je sais que Léo compte sur moi tout autant que je compte sur lui. Une lâcheté qui m’est toute naturel m’aurait poussé à m’en aller, mais malgré mon incapacité à atténuer la douleur de Léo, j’étais comme enchaîné à lui.
Toute une semaine à attendre que la mort condescend à s’inviter dans cette famille. Toute une semaine où la seule prière proférer est que le Seigneur finisse son œuvre. La religiosité de Léo m’a toujours déroutée et même gênée, mais là je l’ai presque envié. Il doit être plus simple d’accepter toutes ces épreuves lorsque l’on ne cherche pas à en comprendre le sens. Moi, au contraire, j’ai la rage.

Samedi, je suis rentré sur Lyon, Léo, malgré mes prières, ne voulait pas que je reste plus longtemps. Je sais qu’il y a certaines épreuves qu’il désire affronter seul, et il ne m’appartient pas de m’y imposer.

18/08/04 - 18:12

Dure dure la semaine (1)



Il est parfois étrange comme les pires moments de l’existence nous aident parfois à prendre des décisions que nous ne pouvions pas prendre avant.
Vendredi 6, Léo m’a rejoint comme il le fait chaque 15 jours. Et encore une fois, nous nous sommes laissés aller à notre faiblesse. L’attrait physique n’a pas été le booster de notre relation. Mais de plus en plus cette dimension devient important pour nous. Le corps de Léo devient dès lors la plus belle représentation de la tentation, et surtout la plus opérante. Grrrrrrr
Mais dès le lendemain, les choses les moins amusantes ont commencées . Les corps ayant exulté, il nous restait à parler sérieusement de notre mise en ménage. Depuis un certain temps ce sujet pourri nos trop rares rencontres. Mais il est nécessaire de prendre parfois le temps de se casser la gueule sur certains thèmes, pour pouvoir définitivement construire quelque chose.
Une matinée de discussion peut sembler longue mais je n’ai pas réussi à le convaincre. J’avais beau juré par tous le saints que j’avais envie d’être avec lui mais que ce qui posait problème était mes conditions actuelles ; j’avais beau lui expliquer que m’imposer certain de ses choix pouvait détruire à jamais ce que nous avions créé, mais rien n’y a fait, Léo continué à faire sa mou (c’est un enfant qui a si mal grandi et cela se voit) . Léo est sourd à tous mes arguments, il finit par prendre la fuite (solution léonienne par excellence)
Il rentre enfin 6 heures après. Ce qu’il a fait de son temps ne m’intéresse pas, mais à peine entré il me dit avoir rendu visité à François. Je ne suis pas de nature jaloux mais la tonalité usitée suggère qu’il y avait de quoi titiller ma susceptibilité. Je ne cherche pas à comprendre, je préfère ne pas y penser. Et puis je crois avoir dépassé depuis longtemps le stade du doute vis-à-vis de lui (la fidélité que je demande à Léo est absolue mais non exclusive).

Je crois que j’ai cessé, à un certain moment de notre relation, de percevoir Léo. C’est peut être ce qui explique que je ne m’attendais pas à ce qu’il me demande de venir vivre avec lui. Je n’ai pas vu qu’il attendait de moi plus , qu’il avait envie d’aller vers un autre stade. Il faut en faire l’aveu, je suis resté à la traîne.
Une personne sur gayattitude que je considère comme un ami, m’a dit qu’il y avait un danger à laisser une grande distance entre nous. Et sacrebleu, il a bien raison. Le danger n’est pas tant de se voir préféré un autre (si cet autre est un meilleur être que moi, c’est tout le mal que je lui souhaite ) mais c’est de devenir âcre après s’être abreuvé trop longtemps à la source de la privation, ou encore de devenir des étrangers l’un pour de l’autre. Et Léo ne mérite pas cela. Il y a certaine saveur que je ne voudrais pas qu’il goûte.
Il m’a offert tant de bien-être qu’il mérite que je sacrifie toute cette fierté de springer, et tous ces préjugés nés de mes peurs.

Mais pendant que je me résout à lui dire tout cela, Léo ne cesse de ramener sur le tapis notre cher ami François et leur passé commun. Il n’ose pas encore dénigrer ce que nous vivons ensemble mais cela risque de ne pas tarder.

Je lui demande s’il regrettait son ex (ok, je sais je tends le bâton, mais la question n’était pas posée sérieusement, je voulais juste aller jusqu’au bout de son nostalgique monologue ). La réponse fut dure à encaisser « Oui ! avec lui au moins les choses étaient simples, on vivait le présent sans se poser des questions sur le futur. Alors qu’avec toi, je me pose des questions sur le présent en tremblant pour le futur »
(bon, j’ai toujours pas compris ce que signifie cette réponse. Je vous mets donc tous à contribution, si quelqu’un est capable de simplifier tout cela ça m’arrangerai)
Je lui demande aussi (et mon calme m’étonne) s’il serait possible qu’il lui revienne, ou en a-t-il seulement envie. Il me dit que non, et me demande si je veux savoir ce qui c’est passé cette après-midi. Ceci ne enthousiasme pas, et puis le seul à m’intéresser et là en face de moi.

J’ignore ce qui lui est passé par l’esprit mais tout d’un coup il s’approche de moi, pose sa main sur ma joue et se met à chanter Comme de bien entendu.
Ah ! encore une preuve qu’il y a certaines choses qu’il faut garder pour soi. Car tout ceci sera retenue contre vous. Ce geste de Léo fait référence à un geste que j’avais trouvé attendrissant. Un jour à Bron, une jeune fille met un poste cassette en marche, se met à genou devant un jeune homme et se met à chanter Fallait-il (je crois que c’est une chanson de Piaf, et oui à lui les belles chansons d’amour et à moi les chanson de pilier du bar). J’avais trouvé cette demande en mariage mignonnette, et j’ai eu la bêtise de le lui dire.
Il y a un autre aveu que Léo me renvoie souvent à la bobine, c’est le faible que j’ai pour B. Putzulu (et après j’assume et puis zut pour le reste)
Comment réagir face à cette attaque injuste haha avec mon arme secrète une séance de chatouillis. Je sais, je suis cruel mais sérieux il l’a bien cherché.
Entre deux éclats de rire (grrrr ceci me rend fou) il me dit : « Gi, les seuls regrets que j’ai sont avec toi. Et si tu n’arrive pas à te convaincre de venir vivre avec moi, c’est pas grave on a toute la vie, hein »
Ceci vient trop tard, je suis déjà convaincu.
On devait sortir, mais hors cet appartement point de monde. C’était Lui, Moi et…. une seule possibilité.
Et ben voilà, c’est décidé dans 3 mois on vivra ensemble, p… quelle trouille. Et en plus ce sale gosse a même fini par me faire promettre de ne plus bosser après ces vacances dans une boite.
Boff, je suis trop faible, c’est rageant,…….. mais cela fait un bien fou.

16/08/2004

16/08/04 - 19:11

Ok, je fais de la pub et après

C'est ni le lieu, ni ce que vous voulez mais j'avais juste envie d'inciter ceux qui aime lire de belles choses à lire le Coupable de G.Bataille.
c'est une merveille de ..... y a pas de mot

16/08/04 - 18:33

Tout ce que notre amour m'a coûté

Je ne sais pas par quel hasard je suis tombé sur un texte teint d'amertume, où son auteur, abandonné par sa femme, se mettait à énumérer tout ce que leur histoire lui avait coûté. En un mot, il disait que cette histoire lui avait coûté son être, et qu'aujourd'hui il était étranger à lui-même comme vidé de sa substance.
Et si je me mettais, à mon tour, à faire une liste de ce que mon amour pour Léo m'a valu !
Mon tendre ami, la liste sera longue. Mais je n'ai rien donné que je n'étais pas prêt à payer d'avance.
Ton amour, mon tendre, m'a valu un amour partagé, une existence qui a enfin eu un sens, une prise de conscience qu'il est si lâche de vouloir rester seul. Cela m'a coûté un masque de faussse contenances qui s'effrite de plus en plus pour me laisser voir la grandeur du monde, la remise en question de ma solitude et une ouverture vers ce monde qui est si beau vu par tes yeux, l'acquisition d'une science bien rare qui est celle d'être compris sans avoir besoin de dire un seul mot , d'être heureux même avec des crampes à l'âme ; un savoir qui me permet de voir toute qui peut se cacher dans un corps si fragile (le tien), qui me donne la clef pour me sentir protégé tout contre toi.
Il y a aussi cette peur de te décevoir, ce qui m'oblige à tenter la perfection (et c'est épuisant) ; une carapace qui part en lambeaux pour me permettre de te voir mon amour, ces moments où enfin le rideau est tiré et où je peux enfin cesser de faire semblant, des tremblements qui sonnent comme des exutoires, des nuits folles où l'âme et le corps convolent en harmonie ; le courage de te parler de NOUS ; une empathie qui e permet d'entendre la voix de ton coeur .

Voilà tout ce que tu m'as valu.
Enfin je sais ce que veux dire ce Je est un autre

16/08/04 - 17:42

Que faites vous dans la vie ?

Voilà une question bien commune et qui permet tout de même de nous définir face à une notion toute problématique : La Vie.
Voyons donc, comment est-ce que nous nous situons dans notre existence, ou tout au moins vis-à-vis de quoi nous situons-nous ?
A cette question 98% des gens définiront leur profession ou métier (d'ailleurs ceux qui sont sans profession diront : Rien, comme si il était possible de vivre en ne faisant rien !)
Il est tout de même étrange de constater que notre vie se résume à cette simple occupation socio financière. Et il est encore plus étrange d'observer ce sentiment de culpabilité que ressentent les gens sans emploi (à moins que je me trompe, le chômage n'est pas un crime ? non ?)
Et pourtant notre valeur est la même, notre vie est la même, notre contribution est la même....
Le travail serait-il pour nous la seule façon de « faire pièce à ce non-sens : ma présence, ô hasard ! dans le fatras du monde...» (M.Leiris, A cor et à cri)
Non, je ne pense pas en cette valeur constitutive du travail.

Il me parait clair qu'il nous est définitivement impossible de prendre conscience de ce que nous sommes avec un tant soit peu de lucidité

04/08/2004

04/08/04 - 16:10

Qu’avez-vous fait de nos idoles ?

J’ai fini par arriver au bout de cette biographie de Céline. Biographie entamée afin de découvrir la vie d’un des auteurs qui m’ont le plus touché. Aujourd’hui, on dira qu’il me parle, mais c’est plus que cela, Destouches eu le génie de dire la « vie » simplement sans fioritures. Talent que j’admire chez les autres et que je refuse d’imiter (et dire que selon une certaine philo l’imitation est le summum de l’admiration).
Cela fait la 4° autobiographie (après celle d’Inès de Castro, celle de Nietzsche, et celle de Proust) qui dépare ma perception et que m’offre-t-elle en échange? Un goût de désillusion, et elle est terrible cette p… d’impression. Cette sensation me transporte toujours dans le fond de mes souvenirs avunculaires. Elle a le concret de la saveur âcre et caramélée de la terre du Gers.
Donc les choses finissent toujours de la même manière : par-delà le plaisir que j’ai de découvrir une vie, une personnalité, ..une impression de gâchis.
Pourquoi cette œuvre de dénigrement ?
On dirait que tout l’univers s’est donné le mot pour ruiner toute tentative de mythification, pour brûler toutes nos idole.

De l’œuvre de Céline perdurent deux images, d’une part, celle d’une écriture triviale jusqu’à la nausée, et, d’autre part, celle des diatribes et des vitupérations antisémites. Moi, je veux garder d’elle cette confondante beauté, cette écriture du vrai.
Fouchtra !
Mes idoles, je veux les faire vivre, je veux les voir dans leur plus beaux habits.

Je veux apprécier le Printemps de Botticelli sans avoir à estimer sa valeur chez Christie’s ou chez Sotheby’s; goûter l’œuvre d’Arrabal sans pour autant y voir de la pornographie ; admirer Ibarruri, sans pour autant me demander si elle a tu les exactions communistes ; aimer Breton en oubliant le congrès de Moscou, m’exalter pour El Cordobès sans penser aux droits des taureaux ; rester bête devant les tableaux de Cézanne sans produire de traité sur la vision ethnologique, préférer la vision idéalisée des baba cool à leur schnouff ; je veux voir dans le chamane le guide et non pas l’exalté ;
Je veux croire oui croire.
Je veux croire qu’un tombeau puisse être l’image de l’amour éternel, je veux croire que l’on a toujours mille et une chance pour tout réparer, tout pardonner, tout justifier ; je veux croire que rien pas même la faiblesse humaine ne pourra me prendre Léo ; je veux même croire au père noël, et tant qu’on y est je veux croire en Dieu (mais en aucune religion) et même en la bonté innée de ses créatures.

Mais d’autre part, je ne veux surtout pas croire en ces vérités approuvées, je ne veux pas croire que 1 et 1 font 2, je ne veux pas croire toutes ces théories biologiques, physiques, mathématiques,.. ; je ne veux pas croire en mon incapacité à agir ; je ne veux pas croire qu’il me faille n’être qu’un acheteur de bonheur; je ne veux pas, par une fatalité confortable, me sentir étranger à l’appauvrissement des artisans,… ; je ne veux pas accepter l’indifférence méchante qui veut faire de nous des aveugles à la souffrance des autres,…

Je suis sans doute naïf, gamin même, mais ceci n’est pas grave. J’ai encore assez de débilité en moi pour croire en la vie de bohème, pour pleurer en écoutant Caballé, pour croire que rien n’est joué d’avance, pour voir les hommes vivre sans les juger.

04/08/04 - 16:05

Et pendant ce temps le monde continue à vivre (cité par Eva)

Ce matin, je me suis réveillé chez Eva. Il m’a fallu quelques secondes pour me souvenir comment ai-je fait pour atterrir ici. En rentrant, je n’avais plus envie de rester à attendre un coup de fil, un message,…

Enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes. Quoique la douceur d’Eva soit toute relative : elle a le don d’alterner les propos d’encouragement, les gentillesses avec des réveils en fanfare, des propos désobligeants,..

Cette semaine n’a vraiment rien de désopilante. En plus j’ai attrapé froid, ce qui donne l’impression à une partie de mes familiers que j’ai chialer toute la journée (drôle comme les gens adorent les mélos bien mouillés) et à l’autre partie que je me suis écorché la voix en criant (oui c’est si normal de se mettre à crier comme un fou furieux) beeeeffff

A 9h Léo téléphone. Après deux jours d’attente, je n’ai droit qu’à un appel de 5 min (on ne dira plus que je suis gâté par la vie), mais c’est déjà ça . Comme prévu il viendra ce week-end, c’est déjà ça (au secours, je me souchonnifie aaaaaaaaaaaaa)
Je comprends qu’il n’ait pas envie de trop parler, sa voix était d’ailleurs presque inaudible. Il m’a laissé un message :
« Gi, durant toutes ses journées d’insomnie, tu n’as pas cessé de passer dans mon esprit. Il faut vraiment que tu m’explique pourquoi tu ne veux pas venir. Je t’aime mon ………(la censure est passée par là) malgré cet arrière goût de ruine »

Pour moi, ce message est magique, mais je n’arrive pas à m’ôter de la tête l’image qu’il se fait de moi :
- Un pourceau d’Epicure qui n’est en couple que pour pouvoir sentir ses angoisses dans le regard de l’autre. Un égoïste incapable de s’engager.

Il est vrai que nous avons eu à vivre des moments pas toujours faciles, à cause de moi pour la majorité des cas, mais de là à se faire traiter d’égoïste et de Don Juan, c’est un peu fort, surtout lorsque cela vient de la personne qui vous connaît le mieux.

J’espère que cette image est juste le fruit d’une crainte attisée par l’alcool. Dans le cas contraire cela voudrait dire que Léo n’est pas heureux. Je veux bien être incapable d’être heureux, mais comment pourrais-je continuer si je suis en plus incapable de faire le bonheur de celui que j’aime ?

03/08/2004

03/08/04 - 17:39

Comment faire une omelette

Cela fait deux jours que Léo joue à cache-cache. Deux jour où mes messages restent sans réponses, mes appels de même,..
Et le c... peut tenir longtemps comme cela. Le dernier silence radio a duré 36 jours mais cela fait tellement longtemps que j'ai perdu le mode d'emploi.

Les bons points de la soirée :
1- j'ai comme même réussie à ne pas me noyer dans un verre (ma tempête à moi, je l'ai faite comme un grand dans mon crâne)
2- l';air déprimé plait beaucoup aux gars mignons (mais hélas je n'avais pas le coeur à cela tout de même cela est toujours bon à savoir)
3- je me suis fait expliquer la vie par un gars qui ne possède rien dans la vie hormis (selon ses dires) une veste de velours très chic

Conseils pour tous ceux qui ont la tête dans le puits, il faut éviter :

1- D'aller passer quelques heures avec les SDF de la rue Sébastien Gryphe, ils ne parlent que de tutoyer le pontife (expression que j'ignorais jusque là. On apprend chaque jour)
2- Ecouter en boucle la Quête de Brel (après cela on est prêt à acheter un billet à plein tarif)
3- Téléphoner à 4h du mat en vous trompant de numéro (c'est comme même un peu énervant)
4- Répondre au boss qui a été assez aimable pour vous embaucher pour l'été (le plus souvent vos propos dépassent votre pensée et après il faut s'excuser et là c'est vraiment pas agréable)
5- Et beaucoup d'autres conneries testées et approuvées par GIGI hier soir.
6- Ah ! j'allais oublier de revenir au titre de mon article : à éviter à tout prix, de faire une omelette avec des oeufs qui sont au frais depuis je ne sais combien de temps et surtout à 4h du mat

« Souhaitez moi bonne chance je descends dans l'enfer des lendemains qui chantent »

03/08/04 - 16:44

...

aujourd'hui c'est certain je suis en train de me noyer à savoir quand j'atteindrais -enfin- le fond.

02/08/2004

02/08/04 - 18:32

Retour au bercail

Revenu chez moi, rien ne va vraiment très bien.

Comment faire comprendre à quelqu'un que la vie n'est pas toujours aussi simple qu'on la rêve et que parfois ce n'est pas l'envie de faire les choses qui manque mais la possibilité de les faire.

Je parle mais je sais qu'encore une fois, Léo aura le dernier mot.

01/08/2004

01/08/04 - 16:29

Début du week end parisien

Paris, enfin. Cette ville sans âme, où la seule manière de vivre est de le faire au milieu de la foule, comme dans une représentation. Foule sans coeur, où l'on perd jusqu'au fil de notre pensée. Nulle part ailleurs la cohue me semble si dangereuse. Six ans déjà que je me suis exilé de cette cité. Il y a pas un jour où je ne remercie pas cette lâcheté qui m'a conduit à fuir. Dans cette gare la foule est encore plus compacte, plus folle. Mais au milieu de ce monde, je perçois enfin Léo , mais il semble préoccupé. Je lui en fait part mais selon lui, c'est juste des soucis professionnels (je fais semblant d'y croire)
On a déjà des habitudes de vieux couple, toujours le même lieu de rencontre, toujours le même palmier, le même café, la même commande...;mais aujourd'hui il n'est pas sur le même orbite que moi. Comme je suis un peu chiant, je cherche à comprendre, et là il me lance un « Alors, c'est quoi ton programme ? » Couic, c'est sûr que là je ne chercherais plus à savoir quoique ce soit. « Tu vas aller voir ton père ? » « Oui, dans la matinée, mais sérieux je n'y vais que parce que je te l'avais promis » « Il faut toujours faire plaisir aux autres surtout lorsque cela ne te coûte rien -et après un silence- François est passé te voir ? »
Aie aie. Mais cette fois, j'ai vraiment rien à cacher.
[Comment présenter François ?
C'est l'un des ex de Léo, qui est devenu avant que cela ne devienne sérieux entre nous mon amant. C'est un chic type qui n'a d'autres défauts que celui d''être un si merveilleux amant que je n'ai jamais su m'en détacher. Que voulez-vous ? je suis un esthète et avec lui la « baise » est un art]
« Si c'est ce qui te préoccupe il y a vraiment pas de quoi en faire des wagons. Il est passé jeudi mais c'est à peine si l'on a causé. » « C'est vrai qu'il y a mieux à faire ? »
J'avoue, j'ai souvent mérité qu'il me renvoie ainsi les choses en pleine gueule, mais il a l'air absent, ce sujet ne l'intéresse même pas. Il y a donc qu'une seule manière de voir les choses, cette réflexion n'a d'autre but que celui de me blesser.
« T'es jaloux ou quoi ? » « Non, d'ailleurs je m'en fous, c'est pas comme si nous vivions ensemble »
Ah ! c'est donc cela. Je comprends mieux la sale tête qu'il me fait. Mais c'est pas le lieu pour en parler. Je tente de le persuader qu'il faudrait peut être rentrer pour en parler. Mais lui préfère laisser le sujet pour la soirée. J'ai donc pas le choix à moins que je veuille avoir une conversation avec une carpe croisée avec une huître .
Léo m'accompagne à Montmartre , il est temps d'aller faire sont devoir filial (boooooof). J'arrive à la porte, beurk toujours la même sonnerie (on dirait un chat que l'on écrase). Là, je n'ai plus le courage de rentrer. Je demande à Macha de présenter mes voeux à mon père, je lui tends le paquet et zou je prends la sortie. Mais à peine deux pas plus loin, j'entends un « Fils ! ». mon père n'a jamais su nous nommer autrement. « Bonjour père (c'est fou comme les habitudes d'enfant reviennent très vite). Je ne voulais pas vous déranger. Je suis passé pour vous présenter mes voeux » « Et selon toi, les présenter à Macha te dispense de le faire à ton père ? » (blablabla) « Maintenant que tu es là, tu devrais rester pour le déjeuner » « « Je n'ai pas été invité à y prendre part, de plus Léo m'attend » « Tu feras décidément toujours passé tes amis avant ta famille »
C'est inévitable, mon père a toujours eu le don de me faire sourire. Cet homme qui me parle de famille m'a envoyé, alors que je n'avais que 13 ans, 2 mois dans un kibboutz pour soigner mes travers. Il ne mérite même pas que je réponde à cette provocation.
Je continue mon chemin. Il est déjà loin de mes pensées. Léo occupe mon esprit. Je n'ai qu'une seule idée c'est de le rejoindre.

Je sais qu'il faut vraiment que l'on ai une longue conversation avec lui, mais lui veut attendre la soirée. Pourquoi ce report ? Je l'ai compris plus tard.
Après une après-midi de rêve, où tout fut parfait, un idéal de simplicit, j'étais prêt à balancer Lyon et tout ce qui s'y trouvait pour venir vivre avec lui. Je ne le savais pas aussi machiavélique , un vrai bijou de stratégie : donner un aperçu du bonheur futur afin de m'en rendre esclave.