J'écoute : come
Je regarde : l'heure qui ne veut pas passer
Je lis : des expertises... super
Je joue : à me donner une contenance
Je mange : pas faimmmmmmmmmmmmm
Je cite : après la pluie....le blizar

29/11/2005

29/11/05 - 18:02

Qu’avez-vous fait de nos idoles ? (redite)

J’ai fini par arriver au bout de cette biographie de Céline. Biographie entamée afin de découvrir la vie d’un des auteurs qui m’ont le plus touché. Aujourd’hui, on dira qu’il me parle, mais c’est plus que cela, Destouches eu le génie de dire la « vie » simplement sans fioritures. Talent que j’admire chez les autres et que je refuse d’imiter (et dire que selon une certaine philo l’imitation est le summum de l’admiration).
Cela fait la 4° autobiographie (après celle d’Inès de Castro, celle de Nietzsche, et celle de Proust) qui dépare ma perception et que m’offre-t-elle en échange? Un goût de désillusion, et elle est terrible cette p… d’impression. Cette sensation me transporte toujours dans le fond de mes souvenirs avunculaires. Elle a le concret de la saveur âcre et caramélée de la terre du Gers.
Donc les choses finissent toujours de la même manière : par-delà le plaisir que j’ai de découvrir une vie, une personnalité, ..une impression de gâchis.
Pourquoi cette œuvre de dénigrement ?
On dirait que tout l’univers s’est donné le mot pour ruiner toute tentative de mythification, pour brûler toutes nos idole.

De l’œuvre de Céline perdurent deux images, d’une part, celle d’une écriture triviale jusqu’à la nausée, et, d’autre part, celle des diatribes et des vitupérations antisémites. Moi, je veux garder d’elle cette confondante beauté, cette écriture du vrai.
Fouchtra !
Mes idoles, je veux les faire vivre, je veux les voir dans leur plus beaux habits.

Je veux apprécier le Printemps de Botticelli sans avoir à estimer sa valeur chez Christie’s ou chez Sotheby’s; goûter l’œuvre d’Arrabal sans pour autant y voir de la pornographie ; admirer Ibarruri, sans pour autant me demander si elle a tu les exactions communistes ; aimer Breton en oubliant le congrès de Moscou, m’exalter pour El Cordobès sans penser aux droits des taureaux ; rester bête devant les tableaux de Cézanne sans produire de traité sur la vision ethnologique, préférer la vision idéalisée des baba cool à leur schnouff ; je veux voir dans le chamane le guide et non pas l’exalté ;
Je veux croire oui croire.
Je veux croire qu’un tombeau puisse être l’image de l’amour éternel, je veux croire que l’on a toujours mille et une chance pour tout réparer, tout pardonner, tout justifier ; je veux croire que rien pas même la faiblesse humaine ne pourra me prendre Léo ; je veux même croire au père noël, et tant qu’on y est je veux croire en Dieu (mais en aucune religion) et même en la bonté innée de ses créatures.

Mais d’autre part, je ne veux surtout pas croire en ces vérités approuvées, je ne veux pas croire que 1 et 1 font 2, je ne veux pas croire toutes ces théories biologiques, physiques, mathématiques,.. ; je ne veux pas croire en mon incapacité à agir ; je ne veux pas croire qu’il me faille n’être qu’un acheteur de bonheur; je ne veux pas, par une fatalité confortable, me sentir étranger à l’appauvrissement des artisans,… ; je ne veux pas accepter l’indifférence méchante qui veut faire de nous des aveugles à la souffrance des autres,…

Je suis sans doute naïf, gamin même, mais ceci n’est pas grave. J’ai encore assez de débilité en moi pour croire en la vie de bohème, pour pleurer en écoutant Caballé, pour croire que rien n’est joué d’avance, pour voir les hommes vivre sans les juger.

commentaires

08/06/06 - 00:47

Je te promets un jour j'essaierai d'écrire vrai. Je m'y attelle grâce, aussi, au soutien d'Elizabeth Herrgott. Je l'ai lue, j'ai aimé cette écriture, je l'ai rencontrée, elle est devenue mon amie, je pense même qu'elle voit en moi un héritier ... Je te le promets.

11/08/06 - 04:53

je comprends deux fois

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